dimanche, octobre 05, 2008

Tazi : un « mécréant » défenseur de l’arabisation

Chassez le naturel et il revient au galop. C’est exactement ce qu’on peut dire de l’Istiqlal, le parti exclusif du clan arabo-andalous, dont les délires arabistes ont compromis, pour ne pas dire détruit, la vie de millions de Marocains. Il va sans dire que la politique criminelle d’arabisation de l’enseignement a été catastrophique à plus d’un titre.

Pour autant, au lieu de la remettre en question, comme des gens normaux devaient le faire, certains ténors istiqlaliens n’ont trouvé mieux que de demander, dernièrement, de la renforcer davantage en l’étendant cette fois-ci à l’administration et même à la vie publique.

D’où les préparatifs assidus de certains excités de l’Istiqlal de faire avaliser par le parlement, à l’aide des zélés islamistes du PJD, une ancienne loi dont ils se sont subitement rappelés. Et pour cause, elle était fin prête depuis plus de huit ans. En fait, ils n’attendaient que le moment idoine pour la sortir, pourrait-on dire. Et il paraît que c’est le moment ou jamais.

Que ce soit clair une fois pour toute. Je ne suis pas là pour défendre l’administration marocaine. On sait tous qu’elle est plus que sinistrée. Et ce, en raison de la corruption, de la médiocrité et de la gabegie qui y règnent en maîtresses absolues. Depuis toujours. Qu’elle soit par la suite arabisée ou même afghanisée m’importe vraiment peu.

Ce que je veux, c’est de connaître et discuter, le cas échéant, l’argumentation des Istiqlaliens après cette énième sortie « arabisatrice ». Et comme le hasard arrange bien les choses, voilà qu’un certain Abdelhaq Tazi, ancien ministre et membre éminent- bien évidemment- de l’Istiqlal, qui a écrit au journal l’Économiste -qui a brocardé précédemment et la langue arabe et les velléités de l’Istiqlal- pour défendre le projet de son parti.

Cliquez sur ce lien pour le lire : http://www.leconomiste.com/article.html?a=88489

Le moins que l’on puisse dire en le parcourant, c’est que l’argumentation de monsieur le ministre est d’une légèreté à faire sourire un bébé. Un vide sidéral. L’on comprend maintenant pour quelle raison le Maroc est resté et restera un pays sous-développé. Pauvre pays !

Voici quelques remarques que m’a inspirées le texte du bien nommé Tazi.

1- Comme on peut aisément le voir, Tazi revendique, sans pudeur aucune, le passé et le présent arabistes de son parti. Il en est même fier. Alors que ces terribles dégâts sont visibles même pour les aveugles et à plus forte raison ceux qui ont la chance de voir un peu. Mais notre ex-ministre n’en a cure. C’est normal, ses enfants ont certainement fait leur scolarité dans les écoles huppées de la mission française.

2- Tazi affirme que sa seule volonté est d’appliquer la constitution qui a été, comme vous le savez, concoctée par le seul palais. Avant de la soumettre à la mascarade du référendum naturellement confirmatif. Sait-il que, dans les pays réellement démocratiques, une constitution est longuement discutée par les forces vives de la Nation avant toute ratification ? Autrement dit, elle doit impérativement entre-autre montrer toute la diversité d’un pays. Ce qui n’a jamais été le cas de la constitution dont il a fait une vérité révélée. Et pour cause, elle ne reconnait même pas la majorité de la population marocaine, à savoir les Amazighs. Mais comme tout le monde le sait, pour l’Istiqlal et ses affidés, les Amazighs ne peuvent être que des fantômes… invisibles.


3- C’est tout simplement inapproprié de parler et même d’évoquer le référendum de 1962. La majorité actuelle des Marocains n’y a jamais participé. Parce qu’ils sont nés des années après. On ne peut pas toujours souscrire aux choix des ancêtres ou des grands-parents. Mais à qui le dire ?

4- Le seul parti de la France au Maroc, c’est l’Istiqlal. Il faut savoir que le français n’a jamais eu le poids qu’il a maintenant au Maroc. Même à l’époque de la présence française. L’espagnol, qui était largement parlé dans le Rif, à Ait Baâmrane et dans le Sahara, a complètement disparu. Grâce au parti « français » de l’Istiqlal, la langue de Molière a supplanté définitivement celle de Cervantès. Et l’on ose dire que l’on est contre le français! Mais de qui se moque-t-on ?

5- Tazi est vraiment mal placé pour parler d’une quelconque normalité. N’en déplaise à des gens comme lui, en tant que pays majoritairement amazigh, c’est la langue amazighe qui devait avoir la prééminence et à tous les niveaux au Maroc. Mais certains continuent à le confondre encore avec l’Arabie. Et c’est hélas eux qui détiennent encore et toujours toutes les manettes du pouvoir.

6- Pourquoi toujours parler des Arabes ? À ce que je sais, le Maroc n’est absolument pas arabe (voir les statistiques même du régime marocain). Il est amazigh, monsieur Tazi. Et si vous n’êtes pas content, vous n’avez aucun droit d’en faire un pays arabe.

7- Et comme on s’y attend, un peu comme un réflexe pavlovien, Tazi n’a pas oublié de faire appel à la religion. Et ce, pour donner un semblant de vérité à ses divagations. Puisque le Coran est en arabe, il faut arabiser tout l’univers. Tel est le raisonnement de cet ex-ministre. Il ne doit pas savoir que les plus grands et les plus puissants pays musulmans ne parlent un traitre mot d’arabe.

8- Le pétrole aussi n’a pas été omis. En d’autres termes, si Tazi veut imposer l’arabe dans l’administration et dans la vie publique, c’est en signe de reconnaissance envers les pays du Golfe qui ont aidé, paraît-il, le Maroc pour surmonter la crise énergétique. Heureusement que les Russes ne nous ont pas prêté main-forte ! Sinon, Tazi aurait certainement plaidé pour la russification de l’administration et de la vie publique.

9- Mais dans sa lancée, Tazi dit parfois la vérité. À l’en croire, si l’arabe est une langue des Nations Unies, c’est grâce aux moyens financiers des riches pays du Golfe. Que sera son sort lorsque l’âge d’or du pétrole fera partie du passé ? Je vous laisse, cher lecteur, toute la latitude de lui faire une réponse.

10- Sans avoir froid aux yeux, Tazi affirme qu’il parle l’arabe avec tous les représentants du monde entier. On aurait aimé qu’il donne des noms. Mais il ne l’a pas osé le faire, parce que tout simplement il n’y en a pas. C’est aussi simple que cela. En fait, le seuls avec qui il peut parler l’arabe- si dans le cas où lui-même la maîtrise bien- sont les Arabes. Et encore ! Avec l’importance qu’a prise le dialecte égyptien, celui-ci est devenu par la force des choses la lingua franca des Arabes. Mais Tazi ne peut pas le savoir, car il ne regarde presque jamais les médias arabes. Je suis presque certain qu’il est quotidiennement branché sur les télévisions gauloises.

11- M. Tazi a fini son texte par un adage ô combien éloquent. Tellement il montre au grand jour la schizophrénie identitaire des classes dirigeantes au Maroc. Celui qui renie, écrit-il sûr de lui, ses origines est un mécréant. A-t-il oublié que son propre nom découle d’un toponyme amazigh, Taza ? Dans ce cas, il sera le premier à aller en enfer s’il est d’origine amazighe. Ce qui est fort probable. Sinon, il peut toujours le changer. Des noms à 100% arabes, ce n’est vraiment pas cela qui manque.

vendredi, octobre 03, 2008

États-Unis: il faut sauver le soldat "Wall Street" !

ilQue le sort peut on ne peut plus ironique ! L'Amérique du tout libéralisme se serait-elle reniée ? Aurait-elle allégrement ses propres sacro-saints principes (qu’elle impose allégrement aux autres via la Banque mondiale et le Fond monétaire international) ? Hélas, il faut bien le croire. Surtout si l'on suit les informations nous parvenant de Washington et de New York. Pour éviter une crise pire que celle de 1929, les Américains n'ont trouvé mieux que de lever la somme incroyable de 700 milliards de dollars. Et ce, pour sauver les banques américaines qui auraient trouvé, dans d’autres circonstances, l’intervention du gouvernement plus que condamnable, scandaleuse.

Pourquoi a-t-on arrivé à une telle situation ? En fait, c'est le manque de réglementation. Nous avons eu affaire à une véritable jungle dans tout le sens du terme. Et c'est ce que tous les économistes du monde peuvent vous expliquer. Lisons ce que nous dit un très grand économiste américain, Nouriel Noubini : " La crise est le résultat des excès du libéralisme et du "laisser-faire" de ces dix dernières années. Les régulateurs ont cru aux vertus du marché libre et de l'autorégulation. Leur jugement était inapproprié. La leçon est claire : nous avons besoin d'une meilleure régulation."

Pendant ce temps là, la réponse du gouvernement américain, surprenante qu'elle est, n'est pas du tout goût de tout le monde. Un sénateur américain, Newt Gringich pour le nommer, l'a décrite comme non américaine. Autrement dit, elle ne fait pas partie des traditions de l'oncle Sam. Et il a plus que raison. Mais est-ce que Bush a-t-il une autre solution ? Absolument pas. Vous n'avez qu'à voir comment les plus grandes bourses internationales jouent, fébrilement, au yo-yo au gré de l'humeur qui règne au Capitole et à Wall Street.

D'autant plus que les gouvernements des pays les plus industrialisés, ayant pris peur des conséquences de cette crise, le pressent d'aller de l'avant. Ainsi, le premier ministre australien n'a pas hésité, dans ce que beaucoup auraient qualifié d’intervention dans les affaires d’un pays souverain, à demander aux démocrates et aux républicains de dépasser leurs clivages et accepter la solution des 700 milliards de dollars et éviter la catastrophe.

Il est plus qu'urgent, pour conclure, de revoir les méthodes spéculatives du capitalisme financier et instituer des règles saines. Car on ne peut tout simplement laisser les choses telles qu'elles sont. Il faut savoir, si injuste que cela puisse paraître, que ce sont les contribuables américains qui payent les pots cassés. Alors qu’ils n'ont jamais été mêlés aux jeux malsains de Wall Street et consorts. Mais est-ce que les magnats de la finance américains auraient fait un geste pareil, dans d’autres conditions, envers les citoyens américains les plus mal lotis ? Je pense que vous connaissez la réponse.

mardi, septembre 30, 2008

L'art amazigh : le merveilleux Ajmak d'Achtouken

C'est peu dire qu'Ajmak a accompagné toute mon enfance. Il est presque impossible de célébrer quoi que ce soit dans Achtouken et même ailleurs sans faire appel à cette tradition poético-chorégraphique qui remonte à la nuit des temps. Je me rappellerais toujours ces très longues nuits où l'on jouait à cache-cache avec les adultes qui nous empêchaient de jouer. Car d'après eux, on ne pouvait être que des perturbateurs. Ce qui est une erreur monumentale. Ajmak est, hélas, maintenant menacé de disparition.
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Que vous soyez prévenus, Ajmak est plus long que ce que vous allez voir dans cette vidéo. Il commence à la tombée de la nuit jusqu'au lever du jour. Après une joute poétique que les spectateurs apprécient par-dessus tout, il s'ensuit la partie percussionniste et chorégraphique d'une grande complexité. Il suffit d'une fausse note, surtout dans l'usage du tambourin, pour que vous soyez invité illico presto à quitter le groupe. Peu importe qui vous êtes. On ne badine jamais avec Ajmak, pourrait-on dire.

Parmi les ténors d'Ajmak, on se rappellera toujours Oughidda, Ouseltana, Ourrabous, Rrih (qui est, malgré son âge avancé, présent dans cette vidéo). Pratiquement tous les grands rways d'Achtouken et non des moindres ont fait leur classe dans Ajmak. Citons les plus connus : Said Achtouk, Houssein Janti, Brahim Achtouk, Boubakr Anchad et tant d'autres.

vendredi, septembre 26, 2008

Le Congrès mondial amazigh victime des siens

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué une chose : les Amazighs ont une capacité extraordinaire à se donner débilement en spectacle, à s’autoflageller et même à s’autodétruire. L’on dirait qu’ils détestent de voir leurs organisations fonctionner normalement et même bien. Pour preuve, tout le tohu-bohu inadmissible, insignifiant et presque absurde fait autour de la tenue du 5e Congrès mondial amazigh.

Rappel des faits : les assises du Congrès devaient se tenir normalement en Kabylie, mais le régime raciste algérien a refusé. Il faut savoir qu’il n’a même pas daigné, ce qu’en dit long sur ses sentiments envers les Amazighs, répondre à la demande d’autorisation formulée par les responsables du CMA. Sans forcément se bercer d’illusions, ceux-ci sont allées jusqu’à lui intenter un procès, mais en vain. De guerre lasse, ils ont décidé d’organiser leur Congrès à Meknès, au Moyen-Atlas.

Mais certains grands militants et non des moindres ne veulent rien savoir. Pour eux, il faut absolument les organiser coûte que coûte à Tizi Ouzou ou Begayt. En d’autres termes, il faut entrer dans une confrontation directe avec le régime sanguinaire des généraux. Avec tous les risques que cela implique. Ce qui n’est vraiment pas une attitude responsable. Et c’est le moins que l’on puisse dire.

Par ailleurs, ce qui est vraiment comique, c’est l’entrée en scène d’une certaine presse algérienne qui n’a jamais accordé la moindre importance aux Amazighs et encore moins à leur combat. Et ce, pour jouer sa propre partition. À savoir, le disque rayé du nationalisme arabo-baâthiste sur fond d’animosité historique entre les deux régimes amazighophobes d’Alger et de Rabat. Elle est même allée jusqu’à faire du président actuel du CMA, un Kabyle pur sucre, un vendu au Makhzen. Ce qui a fait rire plus d’un.

Disons les choses sincèrement. La Kabylie a et aura toujours une grande place dans nos cœurs. Mais sa situation sécuritaire actuelle ne lui permet aucunement d’accueillir les travaux du Congrès mondial amazigh. Surtout avec la présence attendue de plus 500 personnalités amazighes et étrangères. Imaginez un fou terroriste -Dieu nous en préserve!-, qu’il soit manipulé par le régime algérien ou non, qui se fait exploser au milieu des congressistes. C’est un risque que les Amazighs, même dotés de peu de bon sens, ne doivent en aucun prendre.

Ainsi, à titre personnel, le choix de Meknès apparaît tout à fait justifié et tout à fait raisonnable. Il faut impérativement arrêter cette polémique pour le moins pathétique faite autour du lieu du Congrès. Parce que, en continuant à se chamailler indéfiniment, le CMA perd beaucoup en crédibilité. Et sur la scène internationale, la crédibilité est un argument de taille, si ce n'est déterminant. Surtout lorsqu’on a une cause noble à défendre. Quant à la Kabylie, dès que sa situation s’améliorera, on y ira tous. Parce que la Kabylie, c’est la Kabylie, comme dirait l’autre.

lundi, septembre 22, 2008

Maroc: marions les fillettes de 9 ans !

Un pur produit de l’idéologie wahabite, répondant au nom d’El Maghraoui, n’a pas trouvé mieux, dans un Maroc socialement sinistré, que d’éructer un avis religieux légalisant la pédophilie dans sa forme la plus abjecte. Et ce, en affirmant le plus naturellement du monde qu’une fille de… 9 ans peut avoir des rapports sexuels le plus normalement du monde et donc bonne à être violée, pardon à être mariée. Illico presto. Un vrai scandale qui a ému plus d’un. Et heureusement. Car le fquih en question va probablement être traîné devant les tribunaux.

Mais sur quoi s’est-il basé pour nous bassiner avec ses âneries pour le moins criminelles ? Bien évidemment, sur la vie du prophète. À ce qu’il paraît, celui-ci a convolé - il y a 1400 ans il faut le préciser- en justes noces avec Aicha à l’âge de 9 ans. Même si un accord à ce sujet entre historiens et religieux n’a pas encore été trouvé. Car d’autres versions affirment qu’à son mariage Aicha était plus âgée que cela.

En réalité, ce n’est pas cela qui nous intéresse. Comme tous les intégristes bornés, El Maghraoui a oublié une importante chose : le monde évolue à une vitesse incroyable. Ce qui est facilement acceptable hier ne l’est plus aujourd’hui. En fait, les mœurs et les systèmes de valeur ont changé de fond en comble en un siècle et à plus forte raison en 14 siècles.

Et c’est cela, hélas, le plus grand problème de tous ceux qui se proclament à tue-tête de grands connaisseurs de l’Islam. En fait, ils sont hors du temps. Ils sont définitivement sclérosés sans aucun espoir de les voir, un jour, se remettre en question. D’où le sous-développement chronique des pays où des charlatans de cet acabit ont pignon sur rue.

D’ailleurs, dans certains forums marocains, si incroyable que cela puisse être, certains n’ont pas hésité un seul instant, toute honte bue, à prendre sa défense avec un zèle déconcertant. En invoquant encore et toujours le même argument débile : l’islamophobie. En fait, la bêtise, et c’est le moins que l’on puisse dire, a encore de beaux jours devant elle. Grâce, en grande partie, à un système éducatif moyenâgeux qui n'a de cesse de la nourrir.

dimanche, septembre 14, 2008

Hespress.com : à mort les Amazighs

Cela fait un moment que je visite hespress.com, un site arabo-marocain. Et à chaque fois qu’un sujet qui a trait à l’amazighité est posté, il ne peut s’agir que d’articles tendancieux, appelant quasiment au meurtre. Pour donner foi à leurs délires anti-amazighs, les responsables du site rameutent quasiment les racistes arabistes du monde entier contre les Amazighs. Comment cela ? En ressassant toujours les mêmes accusations pour le moins ridicules. Florilège : les Amazighs sont sionistes, contre les Arabes, contre la ‘’nation’’ arabe, contre la langue arabe, contre le Maghreb arabe et j’en passe.

Chauffés à blanc, les lecteurs ne tardent pas à donner leurs avis. Même si ce n’est pas vraiment une surprise, ceux-ci sont naturellement d’une extrême violence. Pour vous donner une idée, ils se résument à cela : l’insulte, l’invective et l’obscénité. N’espérez surtout pas que votre propos – dans le cas où vous voulez donner une opinion modérée- ait la moindre chance d’être permise et a fortiori si vous prenez la défense des Amazighs. Les responsables du site, férocement anti-amazighs et définitivement amazighophobes, veillent bien au grain. Leur but ultime étant d’occire virtuellement et symboliquement l’Amazigh. Espérons juste que leur trop plein de haine ne déborde pas de la toile mondiale !

Mais qui sont donc cette faune d’énergumènes qui fanfaronnent et vocifèrent ainsi contre les Amazighs ? Bien évidemment, il y a les membres des services sécuritaires du Makhzen qui voient d’un très mauvais œil le militantisme amazigh, les orphelins paumés du baâthisme mortifère encore très nombreux dans les sectes folkloriques encore présentes sur l’échiquier politique marocain, les extrémistes islamistes dont les délires obscurantistes sont plus que mis à mal par le mouvement amazigh, il y a enfin, quelques brebis galeuses, amazighes pur sucre, qui ont une peur bleue d’être elles-mêmes, qui rejoignent, avec beaucoup d’entrain, la meute pour participer, régulièrement, à ces processions d’aboiements hystériques.

Espérons au moins que tout ce beau monde va se sentir un peu mieux à chacun de ses défoulements collectifs. Mais qu’il se rassure, ce n’est absolument pas cela qui va arrêter les Amazighs à aller de l’avant. Bien au contraire…

Si vous comprenez un peu l’arabe, cliquez sur ce lien et surtout n’oubliez pas de lire les commentaires des lecteurs. Je suis sûr que vous serez très bien servi.
http://www.hespress.com/?browser=view&EgyxpID=8630

vendredi, septembre 12, 2008

Maroc: le cas Raji ou l'avènement d'une véritable opposition

Mohamed Raji est un jeune amazigh, passionné d’écriture. Il avait crée son propre blog où il exprime, régulièrement, ses impressions sur la situation de son pays, le Maroc. Ses articles sont repris par d’autres sites marocains d’expression arabe. Car ils sont d’assez bonne facture et empreints de beaucoup de franchise. Il faut dire que Raji n’en pas rate pas une pour dire le fond de sa pensée. D’ailleurs, il n’a pas hésité à dénoncer, avec beaucoup de courage, les agréments de transport.

Comme dans tous les régimes anti-démocratiques et archaïques, il s’agit en effet d’un vrai privilège. Mais pour en avoir un, il faut le demander au roi en personne. En fait, il est seul habilité à en accorder. À vous de vous débrouiller pour lui remettre votre demande. Pour ce faire, à Rabat par exemple des dizaines de personnes font quotidiennement le pied de grue devant le palais royal. D’autres, toute honte bue, n’hésitent pas à le suivre un peu partout au Maroc.

À y regarder de près, il faut dire que cela en vaut le coup. Car une fois que vous en avez un, vous pouvez se la couler douce. À vous le farniente ! Car, vous pouvez le louer à une tierce personne moyennant finance. En fait, vous pouvez gagner énormément d’argent sans même quitter votre chambre à coucher. Une terrible injustice pour ceux qui travaillent. Et c’est cela que Raji a dénoncé avec beaucoup d'à propos. Ce que les différents ‘’zawiyas’’ qui nous tiennent lieu de partis politiques n’ont jamais osé faire. Il faut savoir que le régime marocain a fait un immense vide politique autour de lui. La nature ayant horreur du vide, quelques têtes-brûlées -comme Raji- ont pris courageusement le relais et jouent désormais le rôle de l’opposition avec juste leurs mots.
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Mais ça n’a pas l’air de plaire aux sbires du Makhzen. Ce qui est tout à fait normal. Ils ont vite fait de l’arrêter pour le condamner à 2 ans. Et jeté ensuite comme un malpropre dans la terrible prison d’Inezgane. Mais la communauté Internet, heureusement, s’est mobilisée illico presto et les médias internationaux informés. Tous ou presque en ont fait leurs manchettes. Voyant que son image, qui n’est déjà pas reluisante, va se dégrader davantage, le Makhzen s’est empressé pour le libérer. Sans forcément lâcher le morceau. Car Raji est toujours poursuivi en liberté provisoire. Et comme tout le monde sait, le Makhzen est férocement rancunier. Il ne pardonne jamais.
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Si tout le monde a sympathisé avec le jeune Raji. Seul le directeur d’Aujourd’hui le Maroc -ou le Makhzen- a tenu à jouer sa propre partition pathétique. Il a été le seul à voir dans l’article de Raji un manque de considération pour le roi. Il a même tenu à rappeler que notre jeune blogueur est quasiment analphabète. Parce que d’après lui, il a quitté tôt l’école. Et comme cela ne suffisait pas, le même directeur a tenu à insister que Raji n’a aucune connaissance des règles les plus élémentaires du journalisme. Comme si Aujourd’hui le Maroc qu’il chapeaute est une référence dans le domaine. Décidément, le ridicule ne tue plus.

Par ailleurs, est-ce que Raji, s’il était un parfait inconnu, serait-il libéré avec une telle célérité ? Absolument pas. Rappelez-vous le vieux sénile de 95 ans de la région de Settat qui a été jeté en prison où il est d’ailleurs décédé ! Parce qu’il a manqué, selon ceux qui l’ont condamné quasiment à mort, au respect dû au roi. Il y a certainement d’autres innocents qui croupissent, indéfiniment, dans les geôles du régime pour les mêmes raisons. En fait, le crime de lèse-majesté et l’atteinte aux ‘’valeurs sacrées du Royaume’’ sont une terrible épée de Damoclès. En un mot, critiquer le roi et ses actions est à vos risques et périls. Et ce, dans le plus beau pays au monde.

Un chérif tire sur un sheriff

C’est bien connu, le Maroc peut se targuer d’avoir le plus grand nombre de chérifs au m2. Comme si le climat de cette partie de Tamazgha favorise leur prolifération vertigineuse. Un peu comme les pommes de terre dans les plaines d’Achtouken, comme disait je ne sais quel humoriste du Souss. Mais alors qui sont ces gens au ‘’sang bleu’’ ? À les croire, ils sont tous des descendants directs du prophète. Je sais que cela prête plus à sourire qu’autre chose. Laissons-les donc croire dans leurs mythes et concentrons-nous sur le sujet du moment.

Il y a lieu de signaler qu’il y a chérif et chérif. En effet, ils ne se valent pas tous. Il y en a qui sont de condition très modeste, mais qui ne trouveraient aucune gêne à vous bassiner avec leur prétendue chérifitude. Ils peuvent même pousser l’outrecuidance jusqu’à exhiber, fièrement et naïvement en même temps, une carte spéciale, qu’ils gardent toujours sur eux, qui les fait rattacher à tel ou tel clan de chérifs- il y en a plusieurs. En fait, étant donné que l’on est dans un pays où la loi est systématiquement piétinée dans le cas où elle existe, la carte de chérif peut donc toujours servir. Surtout dans les administrations makhzeniennes.

Reste que dans ce Maroc miné par l’ignorance et le sous-développement, la chérifitude peut même être politiquement très porteuse. D’ailleurs, Abdeslam Yassine, le chef islamiste d’Adl wa Ilhssan, même s’il est on ne peut plus amazigh, a revendiqué haut et fort l’étiquette de chérif. Et ça lui a pas mal réussi. Malgré ses délires et ses divagations à n’en pas finir, son association a attiré des milliers d’adhérents. Parfois des gens extrêmement bien qualifiés : des médecins, des ingénieurs, des professeurs universitaires et j’en passe.

Par ailleurs, disons ce qu’il y a, les chérifs les plus puissants sont de loin les Alaouites. Ceux-là même qui monopolisent et s’accaparent tout au Maroc : la politique, l’économie et même la culture. Ils sont tellement puissants qu’ils peuvent se permettre ce que bon leur semble. Ils peuvent humilier et même liquider – Hassan II à ce propos a été un champion toute catégorie- ceux qui osent leur tenir tête. Impitoyablement.

Il y a quelques jours, à Casablanca plus précisément, l’un d’eux n’a pas trouvé mieux que de tirer sur un gendarme. Un vrai cow boy en djellaba immaculé -le ramadan oblige- avec probablement un fez rouge vif fixé sur le caillou. Que ça doit être comique ! Tout cela parce qu’un policier l’a arrêté après avoir commis je ne sais quelle infraction au code de la route. Mal lui en a pris. L’on n’arrête jamais un chérif alaouite sans en payer le prix fort ! Parfois au risque de sa petite et modeste vie.

Et comme les Alaouites sont forts et puissants, la fameuse agence du Maghreb extrêmement arabe, où une faune de gendarmes et de ''merdas'' à leurs bottes officient tranquillement, s’est empressée de publier une dépêche pour dire que l’Alaouite en question a des problèmes psychiques. Une belle manière de le laver complètement de son crime. Mais comment se fait-il alors qu’il trimbale dans sa grosse cylindrée un arsenal guerrier ? Parce que tout simplement un Alaouite peut tout se permettre. Même s’il a un grain pour ne pas dire plusieurs.

Cependant, imaginez un seul instant que le même policier a eu un problème avec un ‘’sujet’’ lambda, sans forcément arriver aux extrêmes comme c’est le cas avec notre Alaouite. Je suis sûr et certain qu’il serait déjà battu sur place, après que le même policier a ameuté ses collègues avide de corps à défigurer, et immédiatement coffré avec des charges lourdes qui vont lui coûter plusieurs années de sa vie, si ce n’est toute sa vie. Avec sur le dos la terrible loi sur le terrorisme si jamais il avait le malheur d’avoir une arme.

Il faut dire ce qu’il y a, les policiers marocains ne sont pas que des lâches et des corrompus, ils sont aussi d’une barbarie sans pareil. On les a vus, dernièrement, à l’œuvre lorsqu’ils trituraient sadiquement les corps chétifs des jeunes d’Ait Baâmrane. Mais ils leur arrivent parfois de tomber sur un gros os. Et là, ils reçoivent des coups et ils se la ferment. Qu’ils ne s’attendent au moindre soutien de notre part !